La fermeture de Go2Roues illustre les difficultés du marché des deux-roues électriques après la fin des aides. Analyse et nouveaux équilibres du secteur.

Le marché français des deux-roues électriques traverse une période de transition profonde. Après plusieurs années de croissance rapide, portées par les aides publiques et un engouement fort pour la mobilité électrique, certains acteurs historiques ont été fragilisés. La fermeture de Go2Roues, plateforme emblématique de la vente en ligne de scooters et motos électriques, en est l’illustration la plus marquante.
Loin d’être un simple fait divers économique, cet épisode révèle les nouveaux équilibres du secteur et les conditions nécessaires à sa pérennité.
Go2Roues, symbole d’un modèle 100 % digital arrivé à maturité
Créée en 2017, Go2Roues s’est rapidement imposée comme une référence du e-commerce dédié aux deux-roues électriques. Son succès reposait sur un positionnement clair : proposer un large choix de marques, une information détaillée et une expérience d’achat entièrement en ligne.
Pendant plusieurs années, ce modèle a parfaitement fonctionné. La plateforme a attiré un public large, contribuant à démocratiser le scooter et la moto électriques auprès des particuliers. Mais cette réussite reposait aussi sur un contexte favorable : aides à l’achat, croissance rapide du marché et forte appétence pour le digital.
Lorsque ces paramètres ont commencé à évoluer, les limites du modèle sont apparues.
La fin des aides et le ralentissement du marché
La suppression du bonus écologique fin 2024 a marqué un tournant brutal. Le coût d’acquisition des deux-roues électriques a mécaniquement augmenté, entraînant un recul des ventes. Dans le même temps, le marché faisait face à une concurrence accrue, à une baisse des immatriculations et à une fragilisation de nombreux concessionnaires spécialisés.
Dans ce contexte, un modèle reposant principalement sur le volume et le digital s’est retrouvé sous pression. Sans réseau physique dense pour accompagner les clients sur l’essai, le financement et le service après-vente, l’équation est devenue plus complexe.
La fermeture de Go2Roues s’inscrit ainsi dans une dynamique globale de consolidation du marché.
Un nouveau modèle émerge : le retour du réseau physique
La reprise de la plateforme par Pink Mobility marque un changement stratégique fort, sans pour autant renier l’héritage digital de Go2Roues. L’objectif est clair : combiner la visibilité du web avec un réseau physique solide.
Pink Mobility dispose déjà de plus de 220 points de vente et ateliers partenaires en France. Cette approche hybride répond à une attente devenue centrale : pouvoir acheter en ligne, mais aussi essayer, entretenir et faire réparer localement.
Ce mouvement traduit une réalité de fond : dans la mobilité électrique, la confiance, le SAV et la proximité sont devenus aussi importants que le prix ou la fiche technique.
Ce que cela dit de l’avenir du marché électrique
L’épisode Go2Roues montre que le marché arrive à un stade de maturité. Les acteurs capables de durer sont ceux qui maîtrisent toute la chaîne : produit, distribution, accompagnement client et service après-vente.
Le tout-digital pur laisse progressivement place à des modèles plus équilibrés, capables de résister aux cycles économiques et aux évolutions réglementaires. Cette transformation concerne aussi bien les scooters que les vélos électriques.
Une évolution qui concerne aussi le vélo électrique
Le vélo électrique connaît des dynamiques similaires. Après une phase d’explosion, le marché se structure. Les utilisateurs recherchent désormais des produits fiables, durables et bien accompagnés.
Des marques comme Brumaire, positionnées sur des vélos électriques urbains et cargos, s’inscrivent dans cette logique. Elles misent sur des produits bien conçus, une distribution maîtrisée et un suivi dans le temps, plutôt que sur une course au volume.
Cette approche répond à une attente claire : investir dans un moyen de transport électrique doit rester un choix rassurant, même dans un marché plus exigeant.

Conclusion
La fermeture de Go2Roues ne signe pas l’échec de la mobilité électrique. Elle marque au contraire la fin d’une phase d’euphorie et l’entrée dans une période de structuration. Le marché se professionnalise, se consolide et se recentre sur des modèles plus solides.
Entre digital, réseau physique et qualité de service, les acteurs capables d’orchestrer l’ensemble de ces dimensions dessineront la mobilité électrique de demain, qu’il s’agisse de scooters ou de vélos.
FAQ – Marché des deux-roues électriques en France
Pourquoi Go2Roues a-t-il cessé son activité ?
La fin des aides à l’achat et le ralentissement du marché ont fragilisé le modèle économique du tout-digital.
Le marché du scooter électrique est-il en difficulté ?
Il traverse une phase de transition, avec une baisse des volumes mais une montée en maturité.
Le réseau physique est-il devenu indispensable ?
Oui, l’essai, le SAV et la proximité sont désormais essentiels pour rassurer les clients.
Les plateformes en ligne ont-elles encore un rôle à jouer ?
Oui, mais en complément d’un réseau terrain solide et structuré.
Cette évolution concerne-t-elle aussi le vélo électrique ?
Oui, les mêmes logiques de fiabilité, de service et de durabilité s’imposent.










