Comment répondre au questionnaire médical d'assurance emprunteur ?

Océane Ubaghs
Rédactrice spécialisée assurances
28/5/2026
10 minutes

Le questionnaire de santé conditionne l'acceptation et le tarif de votre assurance emprunteur. On vous explique quand il est obligatoire, comment le remplir sans erreur, ce que vous n'êtes pas tenu de déclarer, et les risques précis d'une omission.

Qu'est-ce qu'un questionnaire de santé en assurance emprunteur ?

Le questionnaire de santé n'est pas une visite médicale, mais un formulaire écrit que vous remplissez seul à la souscription de votre assurance emprunteur. Il pose des questions ciblées sur votre état de santé, vos antécédents et vos traitements en cours. L'assureur l'utilise pour évaluer votre niveau de risque et déterminer les conditions de votre contrat.

Un formulaire contractuel

Aussi appelé déclaration de santé ou déclaration médicale, ce document est remis lors de la souscription. Il contient des questions précises sur les pathologies passées et actuelles, les opérations chirurgicales, les arrêts de travail récents et les habitudes de vie (tabac, alcool, sports à risque). L'assureur décide ensuite d'accepter votre dossier, fixe votre tarif et précise les éventuelles exclusions de garantie.

Depuis la loi Lemoine, ce questionnaire n'est plus systématique. Pour vérifier si vous êtes éligible à la dispense, voir notre page souscrire sans questionnaire médical.

Questionnaire ou examen médical ?

Le questionnaire est un formulaire écrit que vous remplissez chez vous. L'examen médical est une démarche complémentaire que l'assureur peut demander selon votre profil ou le capital assuré : prise de sang, ECG, visite chez un médecin agréé. Dans la majorité des dossiers standards, le questionnaire seul suffit. La distinction entre les deux est détaillée plus bas dans cet article.

Quand le questionnaire est-il obligatoire ?

Le questionnaire n'est pas demandé dans tous les dossiers. Son déclenchement dépend de critères précis fixés par la loi Lemoine du 28 février 2022.

Les conditions de dispense (loi Lemoine)

Vous êtes dispensé du questionnaire médical si les deux conditions cumulatives suivantes sont remplies :

  • Le montant assuré par emprunteur est inférieur ou égal à 200 000 €. Ce seuil s'applique par tête, pas par prêt. Pour un couple co-emprunteur sur un prêt de 350 000 € partagé en deux quotités à 50 %, chacun se situe sous le seuil et bénéficie de la dispense.
  • La fin du remboursement intervient avant les 60 ans de l'emprunteur. Au-delà de cette borne, le questionnaire redevient exigible.

Si une seule des deux conditions n'est pas remplie, l'assureur peut exiger le questionnaire. Pour le détail complet du dispositif, voir notre page loi Lemoine.

Les cas où le questionnaire reste exigé

Au-delà des conditions de la loi Lemoine, certaines situations entraînent automatiquement un questionnaire : prêts au-delà de 200 000 € par emprunteur, fin du prêt postérieure à 60 ans, certaines garanties optionnelles étendues, ou simple demande de l'assureur dans le cadre de sa politique commerciale. Refuser de le remplir bloque alors votre dossier. Mieux vaut anticiper et préparer vos documents médicaux en amont.

Que demande un questionnaire de santé : le contenu type

Chaque assureur a son propre formulaire, mais le contenu varie peu d'une compagnie à l'autre. Le questionnaire est soit simplifié (5 à 7 questions générales), soit complet (jusqu'à 15 questions détaillées avec sous-questions). Le montant emprunté et l'âge de l'emprunteur influencent le format choisi.

Les rubriques classiques du formulaire

Un formulaire standard contient généralement les sections suivantes :

  • Données personnelles : âge, taille, poids (calcul de l'IMC), profession, situation familiale.
  • Habitudes de vie : consommation de tabac, alcool, pratique sportive à risque.
  • Antécédents médicaux : maladies passées, opérations chirurgicales, hospitalisations.
  • État de santé actuel : pathologies en cours, traitements suivis et leur durée.
  • Suivi médical : examens prévus, hospitalisations programmées.
  • Arrêts de travail récents : durée et motif des arrêts de plus de 30 jours.

Ces rubriques donnent à l'assureur une vue globale de votre profil de santé. Avant de remplir le formulaire, rassemblez vos ordonnances, comptes-rendus d'hospitalisation et résultats d'analyses : c'est le meilleur moyen de répondre avec précision sans rien oublier.

Obtenir un exemple de questionnaire

Un exemple de questionnaire de santé au format PDF est généralement disponible chez les principaux assureurs et courtiers. Cet exemple sert uniquement à vous préparer en anticipant les questions : il n'a aucune valeur juridique. Seul le formulaire officiel fourni par votre assureur a une valeur contractuelle. Référez-vous toujours au document original au moment de la signature.

Comment bien remplir votre questionnaire de santé

Remplir le questionnaire demande de la précision et du calme. Une erreur, même non intentionnelle, peut coûter cher en cas de sinistre. Voici les règles à suivre pour éviter tout impair.

Les 5 règles d'or

  • Lire chaque question entièrement : ne répondez pas avant d'avoir compris ce qui est demandé. Une question mal comprise donne souvent une réponse fausse.
  • Déclarer uniquement ce qui est demandé : vous n'êtes pas tenu de donner plus que ce que la question couvre. Trop d'informations complique l'évaluation sans bénéfice.
  • Demander une clarification si nécessaire : en cas de doute sur une formulation, contactez l'assureur par écrit et conservez la trace de sa réponse.
  • Garder une copie signée : le questionnaire devient une pièce contractuelle. Conservez-en un exemplaire dans vos archives personnelles.
  • Ne jamais omettre un élément demandé : l'omission volontaire entraîne la nullité du contrat. En cas de sinistre, c'est l'emprunteur qui en supporte les conséquences financières.

Le questionnaire signé est une pièce contractuelle. En cas de sinistre, l'assureur peut comparer vos déclarations à votre dossier médical, avec votre consentement. Une déclaration franche acceptée avec surprime vaut toujours mieux qu'une omission sanctionnée par la nullité du contrat. Pour comprendre les risques précis liés aux fausses déclarations, voir notre page conséquences d'une fausse déclaration.

Ce que vous n'êtes pas obligé de déclarer

Tout n'est pas à déclarer. La loi protège l'emprunteur sur plusieurs points spécifiques. Voici ce qui échappe à l'obligation de déclaration, tout en gardant en tête la limite à ne pas franchir.

Les éléments non soumis à déclaration

  • Les affections bénignes guéries : une appendicite ancienne sans complication n'est pas à mentionner si le questionnaire ne la vise pas explicitement.
  • Les traitements ponctuels : un rhume, une allergie saisonnière sans suivi régulier ou un antibiotique ponctuel ne sont pas demandés.
  • La grossesse en cours : la grossesse n'est pas une pathologie. La loi interdit à l'assureur de la prendre en compte dans son évaluation.
  • Les antécédents couverts par le droit à l'oubli : depuis la loi Lemoine, pour les cancers et l'hépatite C, vous n'avez plus à déclarer ces antécédents 5 ans après la fin du protocole thérapeutique (et sans rechute). Voir notre page droit à l'oubli.
  • Les pathologies absentes du questionnaire : si une condition n'est pas visée par une question, vous n'avez pas à la déclarer spontanément.

La frontière à ne pas franchir

La limite entre "ne pas être obligé de déclarer" et "omettre ce qui est demandé" est étroite. En cas de doute, déclarez : une déclaration inutile n'entraîne aucune sanction, alors qu'une omission intentionnelle peut entraîner la nullité du contrat. Pour comprendre les conséquences précises en cas de refus pour raison médicale, voir notre page refus d'assurance pour raison de santé.

Différence entre questionnaire et examen médical

Ces deux notions sont souvent confondues. Elles correspondent pourtant à deux étapes distinctes du processus d'évaluation.

Le questionnaire : le premier filtre

Le questionnaire de santé est un formulaire écrit que vous remplissez seul, chez vous. Il constitue la première étape d'évaluation et, dans la grande majorité des dossiers standards, il suffit. L'assureur prend sa décision sur la base de vos seules réponses, sans intervention médicale complémentaire.

L'examen médical : le filtre complémentaire

L'assureur peut demander un examen complémentaire selon votre profil. Les cas les plus fréquents : capital assuré élevé, antécédents déclarés sérieux, âge avancé. L'examen peut inclure une visite chez un médecin agréé, une prise de sang, un bilan cardiologique ou plus rarement une IRM selon les antécédents. Les frais sont à la charge de l'assureur, sauf rare mention contraire dans les conditions générales.

Si l'assureur demande un examen, planifiez-le sans tarder : un délai trop long retarde l'ensemble de votre dossier de prêt, car la banque attend la réponse définitive de l'assureur pour finaliser le crédit.

L'assureur peut-il accéder à votre dossier médical ?

C'est une question légitime que se posent beaucoup d'emprunteurs. La réponse est strictement encadrée par la loi et par le secret médical. Votre vie médicale reste protégée.

Le secret médical protège vos données

L'assureur ne peut pas interroger directement votre médecin traitant. Il ne consulte pas votre dossier médical sans votre accord explicite. À la souscription, le questionnaire que vous remplissez est le seul document utilisé pour évaluer votre risque de santé.

Vos données de santé sont des données sensibles au sens du RGPD. L'assureur ne peut les utiliser qu'à des fins précises et déclarées, et ne peut ni les revendre ni les partager sans votre consentement. Le médecin-conseil de l'assureur (qui examine votre dossier) est lui-même tenu au secret médical.

En cas de sinistre, une enquête est possible

Si vous déclarez un sinistre, l'assureur peut mener une enquête pour vérifier la cohérence entre vos déclarations initiales et les faits médicaux. Cette enquête nécessite votre consentement et passe par un médecin-expert. C'est à ce moment que les omissions sont découvertes et peuvent entraîner la nullité rétroactive du contrat. Pour les risques aggravés bénéficiant d'un cadre légal spécifique, voir notre page convention AERAS.

Que devient votre questionnaire après la signature ?

Le questionnaire signé est conservé par l'assureur comme pièce contractuelle pendant toute la durée du contrat. Vous pouvez en demander une copie à tout moment. La banque prêteuse n'a pas accès à son contenu : le secret médical s'applique entre vous et l'assureur, et la banque ne reçoit que la décision finale (acceptation, surprime ou refus). En cas de changement d'assureur via la loi Lemoine, le nouveau contrat exige un nouveau questionnaire : vos réponses antérieures ne sont pas transmises. Vous repartez sur une nouvelle déclaration et bénéficiez d'une évaluation indépendante. Voir notre page changer d'assurance emprunteur.

Comparer votre assurance emprunteur avec Qivio

Qivio est courtier en assurances (ORIAS n° 23000353) et accompagne les emprunteurs sur le questionnaire de santé, y compris pour les profils à risque aggravé : analyse préalable, choix de l'assureur le mieux positionné, vérification des garanties souscrites.

FAQ sur le questionnaire médical d'assurance emprunteur

Faut-il déclarer un traitement contre l'hypertension ?

Oui. L'hypertension artérielle traitée est une pathologie chronique visée par les questions sur les traitements en cours. L'omettre expose à la nullité du contrat en cas de sinistre. La déclaration entraîne souvent une simple surprime modérée, sans exclusion de garantie pour les profils stabilisés sous traitement.

Faut-il déclarer un suivi psychologique ou une thérapie ?

Cela dépend de la question précise posée. Si le questionnaire porte sur les traitements psychiatriques médicamenteux ou les arrêts de travail pour motif psychologique, vous devez répondre honnêtement. Un suivi de développement personnel sans traitement médicamenteux n'est généralement pas concerné. En cas de doute, mieux vaut déclarer.

Faut-il déclarer une grossesse en cours ?

Non. La grossesse n'est pas une maladie et la loi interdit à l'assureur de la prendre en compte dans son évaluation. Vous n'avez aucune obligation de la mentionner, même si une question vague semble s'en approcher. Cette protection est explicite dans le Code de la consommation.

L'assureur peut-il vérifier mes déclarations auprès de la Sécurité sociale ?

Non, pas à la souscription. Le secret médical et le RGPD l'en empêchent. En cas de sinistre, l'assureur peut engager une procédure d'enquête médicale, mais uniquement avec votre consentement explicite ou via une expertise judiciaire. C'est à ce moment que d'éventuelles incohérences peuvent apparaître entre vos déclarations et votre dossier médical réel.

Que se passe-t-il si une pathologie survient après la signature ?

Vous n'avez rien à déclarer. Le questionnaire porte sur votre état de santé au moment de la souscription. Une nouvelle pathologie survenant après la signature n'entraîne aucune obligation de révision du questionnaire, et vos garanties restent actives selon les termes initiaux du contrat. C'est précisément ce que vous achetez avec l'assurance emprunteur.

Combien de temps l'assureur conserve-t-il mon questionnaire ?

La durée de conservation correspond généralement à la durée du contrat, augmentée des délais légaux de prescription (souvent 5 à 10 ans après la fin du contrat). Vous pouvez demander à consulter une copie de votre questionnaire à tout moment auprès de votre assureur, dans le cadre du droit d'accès prévu par le RGPD.

Le questionnaire est-il confidentiel vis-à-vis de la banque ?

Oui. Le secret médical s'applique pleinement. La banque prêteuse ne consulte jamais le contenu de votre questionnaire et reçoit uniquement la décision finale de l'assureur : acceptation, acceptation avec surprime, exclusion de garantie ou refus. Aucune information médicale précise ne transite par votre conseiller bancaire.

Mon co-emprunteur doit-il remplir un questionnaire séparé ?

Oui. Chaque emprunteur remplit son propre questionnaire. L'évaluation du risque est strictement individuelle, et les décisions peuvent donc différer entre co-emprunteurs selon leurs profils de santé respectifs. Un co-emprunteur peut être accepté aux conditions standards tandis que l'autre se voit appliquer une surprime, sans que cela impacte la décision concernant le premier.

Cet article est fourni à titre informatif. Il ne constitue pas un conseil médical ou juridique personnalisé. Les pratiques d'évaluation varient selon les assureurs. Consultez un professionnel pour une étude personnalisée. Qivio est un courtier en assurances immatriculé à l'ORIAS sous le numéro 23000353.

Océane Ubaghs
Forte de 7 ans d'expérience dans le secteur de l'assurance, Océane décrypte les contrats pour vous aider à choisir une couverture adaptée à vos besoins, sans jargon ni mauvaises surprises.