Loi Hamon et assurance emprunteur : ce qu'il faut savoir en 2026

La loi Hamon permet de changer d'assurance emprunteur dans les 12 premiers mois du prêt. On vous explique ses conditions, sa procédure et pourquoi elle est aujourd'hui secondaire à la loi Lemoine.
Qu'est-ce que la loi Hamon en assurance emprunteur ?
La loi Hamon (loi n° 2014-344 du 17 mars 2014 relative à la consommation) a été le premier texte législatif à instaurer un droit de substitution d'assurance emprunteur pendant les 12 premiers mois suivant la signature du prêt immobilier. Avant elle, la loi Lagarde de 2010 avait ouvert la possibilité de choisir librement son assureur au moment de la souscription, mais aucun mécanisme ne permettait de changer par la suite.
La loi Hamon a donc marqué une étape importante en donnant à l'emprunteur la possibilité de renégocier son assurance après signature, sous conditions précises et dans une fenêtre temporelle limitée. Son cadre juridique est codifié aux articles L.313-30 et suivants du Code de la consommation.
Le principe de la substitution
- Résilier le contrat d'assurance emprunteur actuellement en vigueur.
- Souscrire un nouveau contrat en délégation auprès d'un autre assureur.
- Respecter le principe d'équivalence des garanties exigé par la banque.
- Faire valider le nouveau contrat par la banque dans un délai encadré par la loi.
Loi Hamon en 2026 : toujours en vigueur, mais rarement utilisée
Point important à connaître avant d'aller plus loin : depuis la loi Lemoine du 28 février 2022, la loi Hamon reste en vigueur mais est devenue peu utilisée en pratique. La loi Lemoine permet en effet la substitution à tout moment de la vie du prêt, sans la contrainte des 12 premiers mois.
À noter : une réforme du 27 mai 2026 a modifié le dispositif de la loi Hamon, mais cette modification ne concerne que le volet "vente de fonds de commerce" (information des salariés en cas de cession d'entreprise). Le volet "assurance emprunteur" de la loi Hamon reste inchangé.
Quand la loi Hamon reste utile
Bien que Lemoine l'ait rendue secondaire, la loi Hamon conserve un intérêt dans quelques cas de figure :
- Historique : c'est le texte qui a ouvert la voie au droit de substitution et qui reste régulièrement cité dans les correspondances bancaires.
- Simplicité administrative : la procédure Hamon est similaire à celle prévue par la loi Lemoine, donc le cadre reste applicable même pour les contrats les plus récents.
- Repère juridique : en cas de contentieux sur un contrat signé entre 2014 et 2018, c'est le régime Hamon qui s'applique historiquement.
Les conditions pour en bénéficier
La substitution loi Hamon repose sur quatre conditions cumulatives.
Une fenêtre de 12 mois calendaires
La substitution doit intervenir dans les 12 mois suivant la signature de l'offre de prêt. Ce délai court à compter de la date de signature du contrat de prêt (offre acceptée par l'emprunteur), pas de la date de déblocage des fonds ni de la première mensualité. Point important : la substitution est possible dès la souscription, sans obligation d'attendre le déblocage effectif du crédit.
Une équivalence des garanties
Le nouveau contrat doit offrir un niveau de garanties au moins équivalent à celui du contrat initial. La banque évalue cette équivalence à partir des critères CCSF (Comité consultatif du secteur financier), qu'elle a communiqué à l'emprunteur au moment de l'octroi du prêt. Les 11 critères concernent le décès, la PTIA et l'ITT/IPT. Les 4 critères invalidité et incapacité s'ajoutent selon le profil.
Une notification formelle
La demande doit être adressée par lettre recommandée avec accusé de réception à la banque, accompagnée du nouveau contrat proposé et de la fiche standardisée d'information (FSI) établie par le nouvel assureur.
Aucune ancienneté minimale requise
Contrairement à une idée reçue, la loi Hamon ne fixe pas de "durée minimale" avant de pouvoir substituer. La procédure peut être engagée dès la souscription du contrat de prêt, sans attendre une quelconque période initiale.
La procédure de substitution étape par étape
La procédure suit un enchaînement précis, à respecter pour éviter tout blocage.
- Comparer les offres disponibles en délégation d'assurance et sélectionner celle qui répond à l'équivalence exigée par la banque.
- Souscrire le nouveau contrat auprès de l'assureur choisi et récupérer la fiche standardisée d'information (FSI).
- Envoyer une lettre recommandée avec accusé de réception à la banque, contenant : demande de substitution motivée par la loi Hamon, nouveau contrat et FSI, date de signature de l'offre de prêt.
- Attendre la réponse de la banque, qui dispose de 10 jours ouvrés pour se prononcer (article L.313-32 du Code de la consommation).
- En cas d'acceptation : la substitution prend effet à la date convenue avec la banque et l'ancien assureur, généralement dans un délai de 15 à 30 jours.
- Résilier formellement le contrat précédent en informant l'ancien assureur, une fois le nouveau contrat validé par la banque.
Délais et sanctions bancaires
La loi encadre strictement les délais bancaires pour éviter tout blocage abusif de la substitution.
Le délai de réponse : 10 jours ouvrés
L'article L.313-32 du Code de la consommation impose à la banque de répondre à la demande de substitution dans un délai maximum de 10 jours ouvrés à compter de la réception du dossier complet. Passé ce délai, le silence de la banque équivaut à une acceptation tacite de la substitution.
Le refus doit être motivé
La banque ne peut refuser une substitution que pour des motifs strictement limités par la loi : défaut d'équivalence des garanties (à démontrer point par point), dossier incomplet, ou non-respect des délais légaux. Elle ne peut invoquer aucun autre motif, notamment pas des raisons commerciales ou tarifaires.
Les sanctions en cas de refus abusif
En cas de refus non motivé, de motif abusif ou de non-respect du délai de 10 jours ouvrés, la banque s'expose à une amende administrative pouvant atteindre 3 000 €, prévue par l'article L.341-26-1 du Code de la consommation. Elle ne peut pas non plus modifier le taux du crédit ou les conditions initiales pour "compenser" la substitution : cette pratique est explicitement interdite par la loi.
Loi Hamon, amendement Bourquin, loi Lemoine : la chronologie
Trois textes se sont succédé pour élargir progressivement le droit de substitution.
| Dispositif | Date | Fenêtre de substitution |
|---|---|---|
| Loi Lagarde | 1er septembre 2010 | Choix libre de l'assurance à la souscription uniquement |
| Loi Hamon | 17 mars 2014 | 12 premiers mois suivant la signature de l'offre de prêt |
| Amendement Bourquin | Applicable au 1er janvier 2018 | Résiliation annuelle à date anniversaire |
| Loi Lemoine | 28 février 2022 | Résiliation à tout moment, sans limite |
Chaque texte a été rendu partiellement obsolète par le suivant, sans être formellement abrogé. La loi Lemoine constitue aujourd'hui le régime de référence, mais les dispositifs antérieurs restent valides et peuvent être invoqués selon les situations.
Un apport 2026 à connaître
Le Comité consultatif du secteur financier (CCSF) a adopté le 24 juin 2026 un Avis qui améliore les conditions de substitution. Point majeur : la continuité de couverture en cas de sinistre en cours est désormais garantie. L'assureur d'origine maintient sa couverture pour un sinistre déjà déclaré et ses suites immédiates, éliminant les "trous de garantie" qui pouvaient survenir lors d'un changement d'assureur pendant une période de franchise. En cas de rechute après la prise d'effet de la substitution, c'est le nouvel assureur qui prend le relais.
Un exemple concret
Marc a signé son prêt immobilier de 250 000 € en mars 2026 avec l'assurance groupe proposée par sa banque, au taux de 0,36 %. En janvier 2027, il découvre qu'un contrat en délégation lui permettrait de bénéficier d'un taux de 0,15 % pour des garanties équivalentes.
- Il est encore dans les 12 mois suivant la signature de son offre de prêt (mars 2026 + 12 mois = mars 2027).
- Il peut donc invoquer la loi Hamon ou la loi Lemoine (les deux sont applicables).
- Il opte pour la loi Lemoine, plus simple à faire valoir sans référence à un délai spécifique.
- Après validation par la banque, l'économie mensuelle est significative sur toute la durée résiduelle du prêt.
Ce cas illustre pourquoi, en 2026, invoquer la loi Lemoine reste préférable dans la quasi-totalité des situations : la démarche est identique, le résultat aussi, mais sans risque de contestation liée au décompte des 12 mois.
Que faire en cas de refus ou de blocage bancaire ?
Un refus bancaire de substitution n'est pas définitif. Plusieurs voies existent pour faire valoir vos droits, à activer dans un ordre progressif.
- Vérifier le motif du refus : la banque doit motiver son refus point par point sur l'équivalence des garanties. Un refus non motivé ou générique est irrégulier.
- Faire un recours écrit à la direction régionale de la banque, avec justification détaillée de l'équivalence des garanties, garantie par garantie.
- Saisir le Médiateur bancaire ou le Médiateur de l'assurance selon la nature du litige (le premier pour un blocage bancaire, le second pour une contestation sur les garanties).
- Signaler auprès de l'ACPR (Autorité de Contrôle Prudentiel et de Résolution) en cas de comportement abusif systématique.
- Engager une action en justice devant le tribunal judiciaire en dernier recours, avec dossier constitué (courriers, mise en demeure, refus).
Changer d'assurance emprunteur avec Qivio
Qivio est courtier en assurances (ORIAS n° 23000353) et accompagne les emprunteurs sur la comparaison des offres, la vérification de l'équivalence des garanties et la constitution du dossier de substitution, que ce soit dans le cadre de la loi Hamon ou de la loi Lemoine.
FAQ sur la loi Hamon
La loi Hamon est-elle toujours applicable en 2026 ?
Oui. La loi Hamon reste en vigueur pour l'assurance emprunteur, mais elle est devenue peu utilisée en pratique depuis la loi Lemoine du 28 février 2022 qui permet la substitution à tout moment. La réforme du 27 mai 2026 ne concerne que le volet "vente de fonds de commerce" de la loi Hamon, pas le volet assurance emprunteur.
Quelle différence entre loi Hamon et loi Lemoine ?
La loi Hamon permet de changer d'assurance emprunteur dans les 12 premiers mois suivant la signature de l'offre de prêt. La loi Lemoine, en vigueur depuis 2022, permet de le faire à tout moment de la vie du prêt, sans limite temporelle. Les deux dispositifs cohabitent, mais la loi Lemoine est plus favorable dans la quasi-totalité des cas.
Combien de temps ai-je pour changer d'assurance ?
La fenêtre Hamon est de 12 mois calendaires à compter de la date de signature de l'offre de prêt (pas de la date de déblocage des fonds ni de la première mensualité). Passé ce délai, la loi Lemoine prend le relais et permet de changer à tout moment, sans limite.
Puis-je changer d'assurance dès la souscription du prêt ?
Oui. La substitution est possible dès la souscription du contrat de prêt, sans obligation d'attendre le déblocage effectif des fonds ni la première mensualité. La loi Hamon ne fixe aucune ancienneté minimale : la démarche peut être engagée immédiatement après la signature de l'offre de prêt.
La banque peut-elle refuser ma demande de substitution ?
La banque ne peut refuser que pour des motifs strictement limités : défaut d'équivalence des garanties (à démontrer garantie par garantie), dossier incomplet, ou non-respect des délais légaux. Elle ne peut invoquer aucun motif commercial ou tarifaire. Un refus non motivé ou générique est irrégulier et expose la banque à des sanctions.
La banque peut-elle modifier le taux de mon crédit en cas de substitution ?
Non. L'article L.313-31 du Code de la consommation interdit explicitement à la banque de modifier le taux du crédit ou les conditions initiales du prêt en raison d'une substitution d'assurance. Toute clause contraire dans le contrat de prêt est réputée non écrite.
Quel est le délai de réponse de la banque ?
La banque dispose de 10 jours ouvrés à compter de la réception du dossier complet pour répondre à la demande de substitution (article L.313-32 du Code de la consommation). Passé ce délai, le silence équivaut à une acceptation tacite. En cas de non-respect du délai ou de refus abusif, la banque s'expose à une amende administrative pouvant atteindre 3 000 €.
Faut-il payer des frais pour changer d'assurance ?
Non. La substitution d'assurance emprunteur, que ce soit dans le cadre de la loi Hamon ou de la loi Lemoine, est totalement gratuite. La banque ne peut facturer aucun frais de dossier, ni pénalité, ni frais annexes pour la mise en œuvre de la substitution. Toute facturation est irrégulière et peut être signalée à l'ACPR.
Cet article est fourni à titre informatif. Il ne constitue pas un conseil juridique, financier, médical ou fiscal personnalisé. Les seuils, délais et conditions applicables peuvent évoluer : vérifiez les dispositions en vigueur avant toute décision. Pour une étude personnalisée, consultez un professionnel adapté à votre situation. Qivio est un courtier en assurances immatriculé à l'ORIAS sous le numéro 23000353 (vérifiable sur orias.fr).



